On est tous capables de mieux


Donner n’aide en rien et ne contribue pas à l’avancement du pays si celui qui donne n’exige pas l’effort en retour.  Je me fais souvent violence pour rester moi-même à la hauteur de ces paroles que je traduis ainsi :

Ne me demande de te donner mes souliers si tu n’as pas encore usé tes sandales.

Je ne parle ici des défavorisés à qui on doit venir au secours sans hésiter. Eux n’ont souvent même pas la force de demander.  Il faut aller au-devant et leur fournir de quoi vivre décemment.  Dans ces situations, il n’y a pas de petits dons.

Non,  je parle de toutes les personnes capables de mieux et qui ont les moyens de concevoir des projets et de les faire évoluer jusqu’au stade où par leurs seuls potentiels démontrés en une première étape,  se mériteraient par la suite les coups de pouce financiers nécessaires.

Mariam Sy Diawara

Plus intelligents que le téléphone


Les vieux restent les plus sages et méritent le respect, peu importe s’ils sont branchés sur des appareils intelligents.

Leur tête et leur cœur sont branchés sur beaucoup plus grand.  Les geeks devraient les consulter pour intégrer à leur imaginaire une pensée construite sur un fondement culturel.

La combinaison me semblerait la plus porteuse pour marquer la différence africaine.

Mariam Sy Diawara

Le mentor apparaît souvent sans qu’on l’ait cherché


À dix ans,  je m’assoyais près de mon père  devant notre petite maison lorsqu’un voisin, un cousin ou un ami venu de loin s’ouvrait à lui non pas pour trouver du réconfort, mais pour entendre un mot, une phrase ou une idée qui sortait inévitablement de sa bouche, après les avoir écoutés le temps qu’il fallait en buvant son thé.

À celui ou à celle qui traversait une période difficile et qui s’apprêtait à prendre une décision aux conséquences sérieuses, il tendait sa main  et par des périphrases ou des proverbes,  il ramenait tout à l’essentiel, la prise de conscience intérieure des moyens de fabriquer son propre bonheur.

Dans le quartier, mon père était aussi une véritable institution au point où certains lui confiaient leurs petites économies pour éviter de les dépenser à tout vent.  Il ne demandait rien.

De ces gens qui venaient le rencontrer, je retiens l’humilité dans la démarche,  le courage d’admettre que l’on s’est trompé et surtout la volonté ferme de contourner ses faiblesses,  se relever et de continuer à avancer vers une vie meilleure.

Le premier mentor apparaît  souvent sans qu’on le cherche.  J’ai eu la chance d’avoir un homme comme mon père pour me guider. Je lui parlais de tous mes projets même les plus surprenants pour l’époque.

Il m’écoutait et me faisait réaliser l’ampleur des risques. Mais je sentais dans son attitude qu’il me disait:  Vas-y ma fille.

Mariam Sy Diawara

Pas de temps à perdre


Je viens de voir des chiffres assez inquiétants….ou stimulants selon le point de vue.

Dans 20 ans en Afrique,  il y aura 450 millions de personnes supplémentaires sur le marché du travail, mais d’ici là le continent n’arrivera pas à créer 100 millions d’emplois.

C’est un avertissement qui vient du rapport 2017 de la Banque Africaine de Développement,  du Forum Économique Mondial et de la Banque Mondiale.

Selon ces organisations, il faut que les gouvernements fassent tout pour contribuer à l’amélioration de la productivité et accentuent les efforts dans des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre :  l’agro-alimentaire, le bâtiment et les microentreprises.

Vraiment,  chaque année à l’Africa Web Festival, je réalise tout le potentiel de nos jeunes producteurs de contenus ou développeurs de logiciels, et je constate l’absence de lien entre eux et les fournisseurs d’emplois.

C’est donc là-dessus qu’on mettra l’accent lors de notre événement de novembre à Abidjan.

Mariam Sy Diawara

C’est où les Comores?


Voilà une question qui m’est souvent posée par des amis québécois sachant que ce pays de la francophonie situé entre le canal du Mozambique et l’Océan indien m’intéresse.   Au Québec, on connaît davantage Madagascar. Alors les Comores sont tout près, un peu plus au nord, face au Mozambique et à la Tanzanie.  Cela dit, on entendra beaucoup parler de l’écrivain comorien Ali Zamir.

Le chaîne LCI en dit : Son premier roman, « Anguille sous roche » (Le Tripode), vient de remporter le prix Senghor. Ali Zamir, auteur comorien de 27 ans, a révolutionné la conventionnelle rentrée littéraire avec ce texte inouï, qui plonge dans les pensées d’une jeune fille en une seule longue phrase de 320 pages.

À suivre dans cette chronique.  Je viens de l’acheter et je vous en reparlerai.

Yvan Asselin