Mois de l’Histoire des Noirs à la Maison de l’Afrique – Activité 3


« L’ARBRE À PALABRES »

Une expérience interculturelle et authentique pour tous.

Une présentation de La Fondation MUNTU et de la Banque TD

Dans le cadre du mois de l’histoire des noirs, La Fondation MUNTU en collaboration avec la Banque TD vous invite à vivre une des plus anciennes pratiques ancestrales du continent africain, une rencontre au pied de l’arbre à palabres.

Lieu de rassemblement, l’arbre à Palabres sera reproduit, à Montréal le 2 et 3 mars prochain à la Maison de l’Afrique, un espace approprié pour un évènement mélangeant art traditionnel et numérique immersif tout en incluant des conversations et des échanges avec la collectivité.

En Afrique, on se réunit généralement sous le baobab pour discuter des décisions importantes à prendre pour l’avenir de la communauté. « il est prouvé scientifiquement que l’humanité tire son origine de la terre africaine. Nous sommes tous africains! L’arbre à palabre est donc un événement pour tous!», affirme Cathia Cariotte, présidente de La Fondation MUNTU.

C’est dans cette optique que les leaders, acteurs sociaux, et professionnels de toutes origines, sont attendus à l’arbre à palabres qui sera suivi d’un cocktail-réseautage le samedi 2 mars de 18h à 22h.

Nous serions heureux de vous compter parmi nos invités de marque. Acteur important au sein de la communauté. Votre présence saura certainement faire avancer les échanges. Les billets en vente sur Eventbrite sont disponibles au coût de 10$.

UN ÉVÉNEMENT POUR DONNER LA PAROLE À LA COLLECTIVITÉ

Cet évènement en trois actes permettra aux participants de vivre cette tradition africaine et d’échanger sur des pistes de solutions qui favorisent le « mieux vivre ensemble ». Accompagné d’un sage, « d’un griot », qui agira à titre de médiateur, chaque échange sous l’arbre à palabres abordera une thématique différente.

Le samedi 2 mars, un brunch tropical et un atelier de créativité parents-enfants accompagneront la session d’arbre à palabres dédiés à la famille.

En soirée, les jeunes, les professionnels et les leaders seront attendus pour un cocktail réseautage suivi d’une session d’Arbre à Palabres sur l’identité.

Puis, dimanche le 3 mars, l’arbre à palabres accompagné d’un goûter sera dédié exclusivement aux femmes pour un moment d’échanges et d’empowerment.

Les billets en vente sur Eventbrite sont disponibles au prix de 10$. Une occasion inédite, une expérience interculturelle et intergénérationnelle enrichissante où vous aurez la chance de participer à des échanges riches et invocateurs.

Billetterie : https://arbreapalabres_muntu.eventbrite.ca

Pour demande d’informations : Jessica Lambert-Fandal : info@fondationmuntu.org

Programmation

Samedi 2 mars 2019

ACTIVITÉ FAMILIALE:

11h30 à 12h30: Brunch tropical

12H30 à 13h30: Atelier de créativité parent et enfants

13h30 à 14h30: Arbres à palabres: La famille

Samedi 2 mars 2019

ACTIVITÉ 18 ANS ET+ ( pour professionnels et leaders):

18h00 à 19h00: Cocktail

19h00 à 20h00: Arbre à Palabres: l’identité africaine et afro descendante

20h00 à 22h00: Réseautage

Dimanche 3 mars 2019

MOTS D’ELLES (Activité 18 ans et + pour femmes)

13h00 à 14h00: Arbre à Palabres: Femmes porteuses de flambeaux

14h00 à 15h00 : Cocktail réseautage

Maison de l’Afrique : 6256 Avenue Henri-Julien, Montréal, QC H2S 2T8

(Métro Beaubien ou Rosemont – Tel : 514-875-7710)

maisondelafriquemontreal.com

À propos de la Fondation MUNTU

MUNTU est un regroupement d’acteurs et d’actrices de changement dont le but est de soulager, de soutenir et d’améliorer les conditions de vie des jeunes d’ici et d’ailleurs. Pour ce faire, nous visons à promouvoir et à favoriser leur autonomie financière, leur intégration, leur insertion par la créativité, l’innovation, l’entrepreneuriat et l’implication sociale.

www.fondationmuntu.org/fr/muntu

Site web : www.fondationmuntu.org/

Pour demande d’informations :

Jessica Lambert-Fandal : info@fondationmuntu.org

Fespaco 2019 : Mémoire, identité et économie


Ardiouma Soma. Délégué général du Fespaco

Du 23 février au 2 mars, Ouagadoudou «capitale du cinéma africain» fêtera le cinquantenaire du Fespaco, le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou. Dans le cadre de la célébration de cet événement bisannuel, la capitale burkinabée sera le lieu de découverte de nouveaux films, de rencontre avec les professionnels du cinéma et d’audiovisuel, et d’innovation dont l’objectif est de dynamiser le Fespaco en l’ancrant dans les problématiques et les tendances de l’ère contemporaine.

– Le premier Festival remonte à 1969, dans un contexte de décolonisation. Quelles étaient sa motivation première et son ambition, à ses débuts ?

Le premier Fespaco, qui remonte à l’année 1969, était organisé à l’initiative d’un groupe de personnes, dont Claude Prieux, directeur du centre franco-voltaïque de l’époque, de cinéphiles et des pionniers du cinéma africain, comme Bassirou Sanogho, Ousmane Sembène et bien d’autres. La question centrale de ce groupe de réflexion concernait la diffusion des films africains.

Car le constat avait été fait que les films qui existaient à cette époque étaient diffusés dans le cercle des centres culturels français et donc accessibles à un public restreint, constitué, notamment d’expatriés et de membres de l’élite culturelle africaine. L’enjeu de cette réflexion portait essentiellement sur l’élargissement de la diffusion de ces films à un public africain.

C’est par l’organisation de séances de projection dans les quartiers de Ouagadougou que les Burkinabés avaient eu accès aux films africains. C’est ainsi qu’est né le premier Fespaco. Au regard de l’engouement général à l’égard de cette manifestation populaire, une deuxième édition avait été programmée en 1972. Le soutien du gouvernement du Burkina Faso et de la mairie de Ouagadougou a permis l’institutionnalisation du festival.

C’est à partir de cette date qu’il fut baptisé «Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou». La première compétition eut lieu en 1972. Le Grand prix du Fespaco, représenté par l’Etalon de Yennenga, fut décerné au cinéaste nigérien, Oumarou Gand, pour son film Le Wazzou polygame.

Lire la suite dans l’article source :

fespaco-2019-memoire-identite-et-economie

Voir également l’article de Jeune Afrique consacré au Fespaco :

ledition-des-cinquante-ans-du-fespaco-se-precise

Mois de l’Histoire des Noirs à la Maison de l’Afrique – Activité 2


Sacrifices et Liberté

Fleuristin Paul Moise, jeune conférencier, s’attaque à un thème qui lui tient à cœur.

« Apprendre de nos ancêtres pour mieux vivre. »

Venez nombreux le Samedi 23 février 2019 de 15h à 17h

assister à sa première conférence à la Maison de l’Afrique Montréal.

6256 avenue Henri-Julien, Montréal,

(Métro Beaubien ou Rosemont)

514-875-7710

maisondelafriquemontreal

Mois de l’Histoire des Noirs à la Maison de l’Afrique – Activité 1


« Valeurs Traditionnels, Multiculturalisme et vie Harmonieuse,

Comment transformer les contrastes des Familles Mixtes en une source de Bonheur »

de Lucie Tapsoba Coulibaly

Par son livre, Lucie Tapsoba Coulibaly, contribue à trouver des solutions pour une vie de couple harmonieuse aux migrants de première génération aussi bien que ceux de la deuxième génération.

Venez nombreux, l’écouter donner des conseils sur l’adaptation, la recherche de travail, l’intégration, l’éducation des enfants, la vie du couple, les exigences de la famille étendue…

Vendredi 22 février de 18h30 à 20h30

6256 avenue Henri-Julien, Montréal,

(Métro Beaubien ou Rosemont)

514-875-7710

maisondelafriquemontreal

Ce qu’il faut retenir du rapport commandé par Macron sur la restitution du patrimoine africain


Révélé par la presse trois jours avant sa publication officielle, le rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain, dirigé par Bénédicte Savoy et Felwine Sarr, détaille très concrètement la méthode, le planning et les œuvres concernées par la restitution. Décryptage.

Voir l’article source :

rapport-macron-sur-la-restitution-du-patrimoine-africain

Hamidou Horticulture lance les pré-commandes 2019!


La boutique est prête pour les pré-commandes 2019!

Comme l’an dernier, vous pouvez commander dès aujourd’hui vos plants pour l’été prochain ou offrir des cadeaux super écolos à Noël!

La boutique a été mise à jour et plusieurs choses s’ajouteront dans les prochaines semaines (dont les fameuses semences tant réclamées). Nous l’annoncerons sur le site web et dans les médias sociaux (FB et Instagram).

Vous pouvez demander un certificat cadeau pour toutes les commandes effectuées avant le 23 décembre –  si c’est pour offrir à Noël, bien sûr! Vous le recevrez par courriel.

Cet été, nous avons eu une bonne couverture médiatique!

Restez à l’affût, il y a un autre reportage qui s’en vient!

Les biens culturels pillés en Afrique seront restitués


85 à 90% du patrimoine africain serait aujourd’hui hors de son continent d’origine

Walid Mebarek

El Watan, 27 novembre 2018 à 10 h 27 min

Un rapport a été remis vendredi dernier aux autorités publiques françaises sur la restitution des biens culturels africains, rédigé par Felwine Sarr et Bénédicte Savoy. L’historienne Bénédicte Savoy occupe au Collège de France, à Paris, la chaire internationale d’Histoire culturelle du patrimoine artistique en Europe (XVIII-XXe siècles). Felwine Sarr est économiste et enseigne à l’université Saint-Louis, au Sénégal.

Dans un entretien au journal Libération, les deux universitaires expliquent : «La plupart des spécialistes considèrent que 85 à 90% du patrimoine artistique africain se trouve hors du continent. C’est une anomalie à l’échelle du monde. Aucun autre continent ne connaît cette situation. Il y a des œuvres à voir partout en Australie, en Amérique latine, en Egypte, en Grèce…

En Afrique, on ne peut presque rien voir. Cette exception justifie un rééquilibrage de la géographie africaine dans le monde. Il ne s’agit pas de punir les uns et de tout rendre aux autres. Mais la jeunesse africaine a droit à son patrimoine. Les Africains n’ont même pas accès à la créativité de leurs ancêtres. La reconnexion à cette histoire culturelle est aussi un élan vers l’avenir.

Le patrimoine africain a nourri toute une avant-garde artistique européenne, Picasso, mais aussi les surréalistes, sans parler de tous les jeunes artistes ou designers européens qui, aujourd’hui, peuvent se nourrir au musée des œuvres d’ici et d’ailleurs.»

D’après Bénédicte Savoy et Felwine Sarr, 90 000 objets provenant d’Afrique subsaharienne se trouveraient actuellement dans les collections publiques françaises, dont 70 000 au musée du Quai Branly, à Paris. Les 20 000 autres sont réparties dans d’autres musées (Cherbourg, Le Havre, La Rochelle, Bordeaux, Nantes et Marseille).

Selon la radio RFI, qui a eu entre les mains le rapport, «ces restitutions pourraient concerner quatre types d’objets. Ceux saisis dans le cadre d’agressions militaires, à condition que leur acquisition soit antérieure à l’adoption en 1899 des premières conventions de La Haye codifiant les lois de la guerre, les objets réquisitionnés durant la période coloniale (1885-1960) par des militaires, des administrateurs ou leurs descendants, les objets pris ou achetés de force lors des grandes expéditions scientifiques françaises en Afrique au XXe siècle et les objets acquis illégalement après les indépendances, notamment par le biais de trafics. La majorité des objets africains se trouvant actuellement dans les collections publiques françaises ont été acquis durant la période coloniale».

Le rapport mentionne aussi des objets provenant de pays n’ayant pas été colonisés par la France : le Ghana, le Nigeria ou encore l’Ethiopie.

RFI rappelle que «le chef de l’Etat français avait annoncé, le 28 novembre 2017, à Ouagadougou, la mise en œuvre dans un délai de cinq ans de restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain, reconnaissant l’anomalie que constitue sa quasi-absence en Afrique subsaharienne. Selon les experts, 85 à 90% du patrimoine africain serait hors du continent».

Une réappropriation symbolique est cruciale

Pour les conservateurs de ces musées, la question est de savoir si on ne va pas à leur tour les dépouiller de ces œuvres rares… Mais les auteurs du rapport sont conscients des enjeux : «Il ne s’agit pas de vider les musées français, donc il restera toujours de nombreuses œuvres pour témoigner ici de cette histoire de captation patrimoniale.

Mais il faut aussi un réel travail sur les départs et les retours. Il faut que l’histoire de la constitution de ces collections apparaisse dans les musées en même temps que les œuvres».

Dans l’entretien à Libération, ils replacent cette quête de la restitution dans son contexte : «Dans certains pays, la mémoire des pertes est encore vive, car elle est liée à la fin d’un empire, ou à des actions militaires violentes (…) Il y a une amnésie sur ces questions. De pays en pays, la mémoire de la perte est très variable. Que signifie le retour d’objets qu’on n’a jamais vus ? Une réappropriation symbolique est cruciale. Nous avons aussi réfléchi à la question de la compensabilité de la perte.

Toujours en partant des objets. Certains d’entre eux sont en effet plus que des objets, ce sont des sujets agissants, détenteurs d’énergies, de croyances… Cette valeur sacrée est souvent définitivement perdue, irrécupérable.

C’est une perte incompensable, incommensurable. Nous pensons donc à la réparation symbolique, pas forcément quantifiable en termes financiers, mais qui permette d’instaurer de nouvelles relations entre Afrique et Europe, plus équitables, plus respectueuses.»

Déjà, le président Macron a décidé de restituer 26 œuvres réclamées par le Bénin.

Voir l’article source :

les-biens-culturels-pilles-en-afrique-seront-restitues

 

25 ans à soigner des blessures invisibles


25 ans à soigner des blessures invisibles

Lisa-Marie Gervais

Le Devoir, 14 novembre 2018

Après 25 ans à aider les immigrants traumatisés, le Réseau d’intervention auprès des personnes ayant subi la violence organisée (RIVO-résilience) demande à son tour un peu d’aide du public pour pouvoir continuer à fournir des services essentiels : soigner les blessures invisibles.

« L’autre jour, j’étais dans la rue, ici, et j’ai entendu comme un bruit sourd près du métro. Pour moi, c’était évident, une bombe venait d’exploser. Je m’attendais à voir l’armée, des gens évacués et les secours arriver. C’était tellement irrationnel. »

Pour Sara (nom fictif), une Syrienne d’origine qui est venue au Québec comme réfugiée il y a quelques années, il ne suffit parfois que d’un bruit pour réveiller ses traumatismes liés à la guerre qu’elle a fuie. Ce bruit des balles et des bombes auquel elle s’est finalement habituée, comme s’il lui a fallu banaliser l’horreur pour pouvoir survivre.

Après que l’école où elle travaillait eut été bombardée, elle passait ses journées dans des cafés à parler avec des amis et à fumer la chicha, hors de sa maison sans électricité ni chauffage. Sa mère lui disait de rentrer tôt pour sa sécurité, mais cela n’aurait pas empêché les bombes de tomber. « Tu t’endors chaque soir et quand tu te réveilles le jour d’après, tu te dis : “Bon, je suis encore en vie.” »

Cette peur refoulée a finalement pris la forme d’une fuite en avant alors qu’elle était convaincue qu’elle allait pouvoir laisser tous ses cauchemars derrière elle en demandant l’asile au Canada grâce à un parrainage de membres de sa famille. À son arrivée, elle s’est rapidement impliquée dans un projet pour aider ses compatriotes syriens à s’installer.

« Je ne pouvais soudainement plus continuer à être une réfugiée. J’étais devenue la personne qui devait les aider », raconte la jeune femme dans un français impeccable. Une échappatoire temporaire. Car tout finit toujours par nous rattraper, a-t-elle vite constaté.

Une thérapie salvatrice

« J’ai été comme déchirée en deux. Il y avait la [Sara] qui vit et celle qui survit. Et le seul moment où je pouvais me permettre d’être celle qui survit, c’était pendant ma thérapie. »

Sa thérapie ? Elle l’a suivie auprès de l’un des quarante psychothérapeutes du RIVO-résilience. La santé mentale n’était pas un tabou pour elle, contrairement à plusieurs immigrants et réfugiés. « Je me suis dit, si je peux me permettre de prendre soin de moi, ne serait-ce qu’une heure par semaine, pourquoi pas ? »

Si Sara confie être venue trouver un espace pour reconnecter avec elle-même, d’autres font appel aux services du RIVO parce qu’ils ne sont tout simplement plus capables de fonctionner.

« J’ai déjà reçu une femme avant son audience pour sa demande d’asile. En me déballant toute son histoire, elle s’est retrouvée étendue par terre en me répétant qu’elle n’était pas une bonne personne, que sa famille l’avait reniée. Ça m’a pris une heure pour la faire asseoir, puis lever debout », raconte Véronique Harvey, détentrice d’une maîtrise en travail social clinique et intervenante au RIVO depuis dix ans.

S’il est difficile de convaincre une personne en détresse, au statut précaire et venant d’une autre culture de recevoir de l’aide psychologique, les demandes de psychothérapies sont néanmoins à la hausse au RIVO, étant passées d’environ 260 l’an dernier à près de 500 cette année. En 2010, jusqu’à 700 personnes avaient demandé de l’aide.

À qui ça s’adresse ?

Parmi ces personnes en détresse, on trouve un peu plus de femmes (60 %) que d’hommes (40 %) — peu d’enfants et de personnes âgées — dont la plupart viennent ces jours-ci du Moyen-Orient et de l’Afrique. Elles ont le plus souvent vécu un choc post-traumatique découlant d’épisodes de violence organisée liés notamment à un emprisonnement, une guerre, de la torture, des abus physiques et sexuels, des mariages forcés ou encore des persécutions basées sur l’orientation sexuelle.

La plupart sont des demandeurs d’asile, dont certains se sont fait refuser leur résidence permanente « et ont pour plan B le suicide », observe Mme Harvey.

« Ils sont épuisés, ne dorment plus, ont des attaques de panique et le plan de sauter du haut du 20e étage ou de se lancer devant la rame de métro. Ils finissent par nous donner une chance et viennent nous voir parce qu’ils n’ont plus le choix », explique-t-elle. « Il y a souvent quelque chose de spécial qui se passe dans la première rencontre. Un lien de confiance qui s’installe, un contact humain. »

Financement précaire

L’un des seuls à offrir cette aide psychologique, le RIVO est un organisme communautaire non institutionnel, et c’est très bien ainsi, parce qu’il effraie moins et qu’il est plus « adaptable », croit Véronique Harvey.

Toutefois, ne pouvant plus bénéficier du Fonds spécial des victimes de torture des Nations unies, il survit grâce à des sommes provenant d’un généreux donateur anonyme, de fondations privées et des deux paliers de gouvernement.

Récemment, un financement de Bell cause pour la cause a été accordé pour aider le RIVO à étendre son expertise en région, et un souper-bénéfice le 22 novembre prochain, où Bïa et Alexandre Désilets chanteront Léo Ferré, servira à amasser des fonds. Car, malgré tous les besoins physiques et matériels à combler pour un nouvel arrivant, c’est la santé mentale qui est au cœur de l’intégration.

https://www.canadahelps.org/fr/organismesdebienfaisance/rivo/events/benefit-gala-from-surviving-to-living/

« Ces gens-là sont pleins de résilience et ils sont reconnaissants envers les Canadiens à qui ils veulent redonner. Mais ils ne le pourront pas s’ils n’ont pas tous les outils pour s’en sortir », conclut-elle.

Article source :

https://www.ledevoir.com/societe/541293/25-ans-a-soigner-des-blessures-invisibles

Stephan Reichhold – Directeur général

Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI)

518, Beaubien Est, Montréal (Québec),  H2S 1S5,  Canada

reichhold@tcri.qc.ca

Tél. 514 2726060 poste 1

www.tcri.qc.ca

 

Le Nobel de la paix au médecin Denis Mukwege et à la militante yézidie Nadia Murad


Le prix Nobel de la paix a été attribué vendredi au médecin congolais Denis Mukwege et à la Yazidie Nadia Murad, ex-esclave du groupe État islamique, qui œuvrent à « mettre fin à l’emploi des violences sexuelles en tant qu’arme de guerre ».

L’un gynécologue, l’autre victime, Denis Mukwege (63 ans) et Nadia Murad (25 ans) incarnent une cause planétaire qui dépasse le cadre des seuls conflits, comme en témoigne le raz-de-marée planétaire #MeToo déclenché il y a un an par des révélations de la presse sur le comportement du producteur américain Harvey Weinstein.

« Denis Mukwege et Nadia Murad ont tous les deux risqué personnellement leur vie en luttant courageusement contre les crimes de guerre et en demandant justice pour les victimes », a déclaré la présidente du comité Nobel, Berit Reiss-Andersen.

« Un monde plus pacifique ne peut advenir que si les femmes, leur sécurité et droits fondamentaux sont reconnus et préservés en temps de guerre », a-t-elle ajouté.

Les Nations unies ont salué une annonce « fantastique » qui « aidera à faire avancer le combat contre les violences sexuelles comme arme de guerre dans les conflits ».

« C’est une cause chère aux Nations unies », a précisé la porte-parole de l’ONU à Genève, Alessandra Vellucci.

L’homme qui répare les femmes

Travailler sans relâche et ne jamais se résigner à l’horreur. Le Dr Denis Mukwege « répare » depuis des années les femmes violées victimes des guerres oubliées dans l’est de la RDC.

À deux mois et demi d’élections cruciales dans ce pays meurtri d’Afrique, les jurés du prix Nobel ont aussi récompensé une voix parmi les plus sévères envers le régime du président Joseph Kabila, davantage entendue à l’étranger qu’au pays.

« L’homme cesse d’être homme lorsqu’il ne sait plus donner l’amour et ne sait plus donner l’espoir aux autres », déclarait-il en 2015 au personnel de l’hôpital de Panzi qu’il dirige à Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu.

Par son combat pour la dignité des femmes du Kivu, il est aussi de fait le porte-parole des millions de civils menacés par les exactions des groupes armés ou des grands délinquants du Kivu, région riche en coltan.

Lui-même dans le viseur, il échappe de peu un soir d’octobre 2012 à une tentative d’attentat. Après un court exil en Europe, il rentre en janvier 2013 à Bukavu.

Entre deux voyages à l’étranger, comme cette année en Irak pour lutter contre la stigmatisation des femmes violées yézidies, le docteur Mukwege vit sous la protection permanente de soldats de la Mission des Nations unies au Congo (MONUSCO).

« C’est un homme droit, juste et intègre, mais intraitable avec la médiocrité » qui veut faire de Panzi un pôle de référence « aux normes internationalement reconnues », dit de lui le Dr Levi Luhiriri, médecin de l’hôpital. Sa fondation est largement soutenue par l’Union européenne.

Déjà récompensé en Europe, aux États-Unis et en Asie pour son action, ce colosse débordant d’énergie à la voix grave et douce a lancé en 2014 un mouvement féministe masculin, V-Men Congo.

Il prête son image à une campagne mondiale incitant les grandes multinationales à contrôler leurs chaînes d’approvisionnement pour s’assurer qu’elles n’achètent pas des « minerais du sang », qui contribuent à alimenter la violence dans l’est du Congo.

De l’esclavage au Nobel

À 25 ans, Nadia Murad a survécu aux pires heures traversées par son peuple, les yézidis d’Irak, jusqu’à en devenir une porte-parole respectée et à décrocher le Nobel de la paix.

Cette jeune fille au visage fin et pâle encadré par de longs cheveux bruns aurait pu couler des jours tranquilles dans son village de Kosho, près du bastion yézidi de Sinjar, une zone montagneuse coincée aux confins de l’Irak et de la Syrie.

Mais la percée fulgurante des jihadistes du groupe armé État islamique (EI), en 2014, en a décidé autrement.

Un jour d’août, sur des pick-up surmontés de leur drapeau noir, ils ont fait irruption, tué des hommes, transformé en enfants-soldats les plus jeunes et condamné des milliers de femmes aux travaux forcés et à l’esclavagisme sexuel.

Aujourd’hui encore, Nadia Murad – comme son amie Lamia Haji Bachar, avec laquelle elle obtenait en 2016 le prix Sakharov du Parlement européen – n’a de cesse de répéter que plus de 3000 yézidies sont toujours portées disparues, probablement encore captives.

Les djihadistes ont voulu « prendre notre honneur mais ils ont perdu leur honneur », affirmait aux eurodéputés européens celle qui a été nommée « Ambassadrice de l’ONU pour la dignité des victimes du trafic d’êtres humains ».

C’est depuis l’Allemagne, pays où elle a rejoint sa soeur, que Mme Murad mène « le combat de [son] peuple », selon ses mots : faire reconnaître les persécutions commises en 2014 comme un génocide.

Une semaine de récompenses

L’an dernier, c’était la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN) qui l’avait emporté.

Après le prix de la paix, le seul décerné à Oslo, celui d’économie donnera lundi à Stockholm le clap de fin à la saison Nobel.

La médecine a ouvert le bal des Nobel 2018, lundi, avec le sacre d’un duo de chercheurs nippo-américain, James Allison et Tasuku Honjo, honorés pour leurs travaux sur la capacité du corps à se défendre contre les cancers virulents comme le cancer du poumon et le mélanome.

Le prix de physique est allé mardi au Français Gérard Mourou et à son étudiante canadienne Donna Strickland, ainsi qu’à l’Américain Arthur Ashkin, pour avoir révolutionné la technique des lasers, utilisés notamment aujourd’hui dans l’étude de l’infiniment petit et la chirurgie de l’oeil.

Mercredi, ce sont deux Américains, Frances Arnold et George Smith, et un Britannique, Gregory Winter, qui ont remporté le Nobel de chimie pour avoir modifié les propriétés des enzymes à des fins thérapeutiques et industrielles en s’inspirant des principes de l’évolution et de la sélection naturelle.

Les Nobel, qui consistent en une médaille d’or, un diplôme et un chèque de 9 millions de couronnes suédoises (environ 1,3 million de dollars canadiens), seront formellement remis à Oslo et Stockholm le 10 décembre, date anniversaire de la mort de leur fondateur Alfred Nobel (1833-1896).

Voir l’article source :

Prix Nobel de la Paix 2018

Maman Afrique


Maman Afrique

par Jean-Benoît Nadeau

Le Devoir, 24 septembre 2018 Chronique

C’est depuis Montréal que Mariam Sy Diawara, une publicitaire ivoirienne installée dans cette ville depuis 2004, organise l’un des principaux festivals de l’Afrique numérique. Africa Web Festival (AWF), qui en est à sa cinquième édition, réunira près de 7000 participants à Abidjan à la fin novembre. Cet événement, qui déplace des participants de 26 pays africains, mais aussi des Québécois, des Français et des Belges, est à la fois une foire, un centre d’affaires, une vitrine de nouvelles technologies et une plateforme d’embauche où entrepreneurs, ministres et étudiants se rencontrent pour des conférences, des ateliers, des concours, des formations… alouette !

Celle que les Ivoiriens surnomment « la Canadienne » et que les participants d’AWF appellent « Maman Afrique » veut créer l’Afrique 3.0. « J’ai eu l’idée d’un festival quand j’ai appris que l’intelligence artificielle pourrait effacer les trois quarts des emplois en Afrique. Je me suis dit : “Ça va être notre deuxième mort. Il faut renforcer l’entrepreneuriat numérique africain” », raconte Mariam Sy Diawara dans le sous-sol de la Maison de l’Afrique, un espace de conférence et d’expositions installé dans une ancienne menuiserie rue Henri-Julien, dans l’arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie.

AWF s’inscrit dans une tendance profonde visant à décloisonner les pays africains, qui ont mis en place un sévère protectionnisme freinant la mobilité et les échanges avec les pays voisins. AWF est à l’origine de plusieurs initiatives permanentes, dont la participation de plusieurs pays au concours African City Challenge, qui vise à réinventer la ville africaine de demain et le Camp numérique Accelafrik, qui servira d’incubateur de formation pour les entrepreneurs, un réseau d’affaires.

AWF participe désormais au Parcours numérique francophone, qui comprend également la Semaine numérique de Québec, les Web2day de Nantes, le Kikk festival de Namur — une initiative de Michaëlle Jean à l’OIF, qui profite du soutien des Offices jeunesse internationaux du Québec (LOJIQ). « Ça crée un noyau de Québécois qui connaissent l’Afrique et qui vont dire la vérité sur le continent », dit Mariam Sy Diawara, qui espère que les jeunes Québécois seront nombreux à Abidjan en novembre. Ses efforts de rapprochement ne sont pas étrangers à l’ouverture d’un Bureau du Québec à Abidjan, la troisième antenne québécoise sur ce continent, après Dakar et Rabat.

Même si elle a dépassé l’âge de la retraite, Mariam Sy Diawara continue de déborder d’activité pour sa grande cause, qui est de présenter aux Québécois ce qu’elle a toujours connu : une Afrique des affaires, une Afrique dynamique qui en veut.

Dans les années 1970, Mariam Sy Diawara s’est illustrée comme l’une des premières Africaines dans le secteur de la publicité francophone.

Après avoir oeuvré au sein du groupe français Havas, elle lance Groupe Univers en 1990, qui devient vite la principale agence publicitaire de son pays. Grâce au Mondial de la pub francophone, elle découvre Montréal. « J’ai dit à mon mari : “il faut que nos trois enfants étudient ici”. »

Si elle fréquente le Québec régulièrement, elle ne rêve toutefois pas d’y vivre, mais en 2004, tout bascule. À la suite des graves bouleversements politiques qui déchirent alors son pays, l’immeuble qui loge toutes ses entreprises est saccagé de bas en haut. Il n’en subsiste qu’une carcasse. Mariam Sy Diawara a tout perdu.

C’est dans ce contexte qu’en 2008, après une longue maladie, elle décide de créer une Maison de l’Afrique à Montréal. Dès son ouverture, la Maison devient l’un des principaux points de rencontre où défilent les personnalités tant culturelles qu’entrepreneuriales, aussi bien africaines que québécoises. « C’est pour les Africains de coeur », dit-elle.

La première fois que je l’ai rencontrée, Mariam Sy Diawara était en grande discussion avec Michel Robitaille, directeur général de LOJIQ, avec qui elle collabore au Parcours numérique francophone. Elle se décrivait comme une « espèce de hippie ». « Je suis une rêveuse », m’explique-t-elle quelques jours plus tard à la Maison de l’Afrique. « AWF, ça ne tient à rien. Même pas un demi-million de dollars de budget. Ça serait très différent si je m’organisais pour chercher l’argent, mais je ne sais pas faire ça. Tout le monde pense que je suis riche parce que je réussis à faire de grandes choses. Mais je réussis parce que je ne suis pas riche, que j’ai le dos au mur et qu’il faut que ça marche. Si on avait plus d’argent, ce serait pour payer nos bénévoles. »

« Je suis capable de travailler très fort pour des activités qui ne sont pas rentables immédiatement, parce que j’y crois. Mon fils, qui travaille avec moi ici, me dit souvent : “Tu rêves, ça ne marche pas comme ça.” Mais c’est comme si l’argent tuait le rêve. Il faut bien que notre vie serve à quelque chose. »

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