Dan


Les Dan sont une sous-tribue appartenant aux Dan-nguere. Ils habitent le Libéria oriental, la Guinée Conakry et la Côte d’Ivoire.

Les masques Dan féminins sont connus par l’importance qu’ils attribuent à la beauté du visage : la forme ovale, le front légèremenet proéminent, les yeux déchirés, le nez fin et la bouche entrouverte. Ils rehaussent la finesse de ses lignes avec une brillante patine introduite dans le bois, en employant des substances végétales.

La fonction de ces masques est de régler les désacoords et de protéger les nouveaux-nés. Les Dan font généralement des répliques de ces masques qu’ils appellent « ma », pour les vénérer et comme protection contre les maladies. Ils restent cachés et servent comme preuve d’appartenance.

Le visage des masques Dan masculins est plus réaliste, et quelques fois avec des détails d’animaux. Il a la force vitale, appelée « Du ». Les « du » sont nombreux et ils disent aux gens en rêve comment ils veulent être représentés. Lorsqu’il est représenté par un masque, il se matérialise et se transforme en un « gle » et peut intervenir directement dans la vie de la communauté. Chaque « gle » a sa fonction et préside les différents évènements sociaux. Ils sont aussi présents dans les moments de danger, ou de distraction.

Tchokwés


Les Tchokwés (ou Tschokwe ou Chokwe) sont un peuple bantou d’Afrique centrale et australe, surtout présent en République démocratique du Congo et en Angola, et à un moindre degré en Zambie. Quelques milliers vivent aussi en Namibie.

Se mêlant aux Lunda, la société Tshokwe évolua rapidement au cours du XIX ème siècle. Peuple bantou, matrilinéaire, leurs danses les plus connues sont celles de Mikishi. Elles s’exécutent avec différents masques. Le peuple chokwé vénère un dieu nommé « kalunga » qui symbolise la création et la puissance extrême. Certains esprits du peuple chokwé appartiennent à l’individu, à la famille ou à tout le village.

Le masque Pwo, qui signifie femme, fait revivre le premier ancêtre féminin dans une société Tschokwé matrilinéaire. Lorsqu’un danseur demande à un sculpteur de lui réaliser un masque pwo, il lui présente symboliquement un anneau de cuivre, prix de la « fiancée ». Il conclut ainsi une sorte de mariage mystique avec le masque. Dans l’isolement d’une retraite, l’artiste exécutera la sculpture du masque. Le costume, d’un lourd macramé de cordelettes végétales, est enrichi de parures et comporte de faux seins. Sur ce masque, une scarification médiane, appelée kangongo, divise le visage. Les larmes traditionnelles s’inscrivent sur les joues. La paroi nasale est percée et embellie d’une fine cheville. La bouche entrouverte laisse apparaitre une dentition taillée en pointe. La danse féminisée nécessite comme accessoire un chasse-mouches ou une crécelle. Ce masque intervient dans les rites d’initiation des garçons qui portent le nom de mukanda.

Punu


Les masques Punu, sensés représenter des visages d’ancêtres, sont portés durant les funérailles, par les initiés de la société Moukouji, qui dansent perchés sur de hautes échasses, recouverts d’un costume de raphia.

Les masques Punu, sensés représenter des visages d’ancêtres, sont portés durant les funérailles, par les initiés de la société Moukouji, qui dansent perchés sur de hautes échasses, recouverts d’un costume de raphia.

Les Punu, originaires d’Angola, ont migré vers le Gabon au cours du XVIIIème siècle. Ils vivent dans des villages divisés en clans et en familles où la cohésion sociale est assurée par la société Moukouji, dont le rôle essentiel est de subjuguer les esprits malfaisants de la forêt. Lors des cérémonies liées à cette société, des masques apparaissent, souvent couverts de pigments blancs (couleur liée à la fois à la lumière, à la mort et à la lutte contre les maléfices) rappelant leur fonction apotropaïque.

Leur coiffe élaborée est le reflet de la mode des femmes Punu et la finesse de leurs traits et le fait qu’ils représentent un idéal de beauté féminine les ont rendu célèbres.

Certains portent des scarifications sur les tempes, en forme de losange. Ils sont généralement associés à des ancêtres féminins; on raconte aussi qu’ils pourraient représenter l’Univers, avec les 4 points cardinaux entourant la Terre, « au centre du monde ».

Yoruba


Le Gèlèdé, est une cérémonie pratiquée par la communauté Yoruba-Nago établie dans la région Yoruba-Nago au Bénin, au Nigeria et au Togo.

La ville de Kétou est considérée par toutes les sources connues comme la cité de naissance de la pratique de masque Gèlèdé. Les origines de cette pratique de masque remonteraient également presque aussi loin dans le temps que la fondation du royaume de Kétou.
À Kétou, le Gèlèdè est une société secrète à laquelle on adhère pour se protéger de la mort, de la maladie, pour assurer son épanouissement, la richesse et la fécondité. Le Gèlèdè apparaît comme la réponse de la société à la sorcellerie, cause des calamités telles que les épidémies ou la sécheresse suivant les croyances locales. La femme est la clé qui ouvre la porte à la compréhension du contexte symbolique et rituel du Gèlèdè. En effet, dans la société [Yoruba], la femme est censée posséder une force vitale qui présente deux facettes : l’une positive, comme créatrice et protectrice de la vie, douée de la connaissance des pouvoirs curatifs des plantes, force régulatrice garante de l’ordre social et moral ; l’autre négative, destructrice, responsable de la stérilité, de la sécheresse, des épidémies et de la mort. Le Gèlèdè serait le tribut à payer aux pouvoirs mystiques des femmes, dont il faut se protéger et qu’il faut apaiser afin de les transformer en puissance bénéfique pour la société. Pour apaiser les “mères” comme il est coutume de les appeler, les hommes se mettent sur la tête le masque. Avec un foulard léger et une robe à longues manches, ils dissimulent leur physionomie ; ils attachent des grelots aux chevilles et dansent.

Les masques sont sculptés par des artistes à partir d’un morceau de bois cylindrique et peints en polychromie. La plupart des masques ont des caractéristiques communes aux œuvres Yoruba comme les yeux en amande et les trois courtes scarifications sur les joues ou le front qui sont tenus en haute estime par les Yoruba. Le masque Gèlèdé est constitué de deux parties. La partie inférieure représente un visage de femme calme sous une forme conventionnelle simple et statique. La partie supérieure est au contraire très vivante et complexe et liée à la créativité de l’artiste. Elle est le symbole les pouvoirs intérieurs des femmes.

Des figures d’animaux sont souvent utilisées. Le serpent est symbole de pouvoir, et des qualités féminines et patience et de sang-froid, mais également le symbole de la vigilance, car selon le proverbe « le serpent dort mais il continue de voir ». L’oiseau est le messager des « mères » et représente les pouvoirs nocturnes maléfiques des sorcières.

Baoulé


Les Baoulé constituent un peuple de Côte d’Ivoire, vivant essentiellement au centre du pays, près des villes de Bouaké et de Yamoussoukro. Ils représentent environ 23 % de la population (environ 3 943 667 d’individus) ce qui fait du Baoulé la première ethnie du pays.

Les Baoulé constituent un peuple de Côte d’Ivoire, vivant essentiellement au centre du pays, près des villes de Bouaké et de Yamoussoukro. Ils représentent environ 23 % de la population (environ 3 943 667 d’individus) ce qui fait du Baoulé la première ethnie du pays.

Les Baoulés font partie du groupe Akan, et sont originaires du Ghana voisin. Ils s’installent en Côte d’Ivoire au XVIIIe siècle, guidés par la reine Abla Pokou. Le nom Baoulé vient du sacrifice, par la reine Pokou, de l’un de ses fils afin de passer un fleuve, alors qu’elle menait la fuite de son peuple du Ghana : « ba ou li » (« l’enfant est mort »).

Au Ghana, ils avaient appris à dominer, comme les Ashanti, le maniement du métal, et dans leur nouvel emplacement ils ont dû apprendre des Gouro à travailler le bois. La combinaison de leur ancienne habileté avec le nouvel apprentissage a donné comme résultat un art techniquement supérieur. Ces masques sont employés dans les rites relatifs à l’agriculture, la fertilité et aussi dans les cérémonies funèbres. Les Baoulé n’ont pas de rites d’initiation.
Le masque Goli , masque populaire à caractère sacré, en forme de tête de buffle, ne sort que lors des grandes occasions. Agissant au nom de la protection et du bien-être des hommes. Aussi il est appelé à participer à certaines festivités commémoratives, aux funérailles et aux grands sacrifices collectivistes. Goli est un masque sacré du panthéon Baoulé. Goli est le fils de « Nyamien », le Dieu du ciel.